• Publié par : Hélène Rannou-Boucher
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20 janvier - 17 mars 2014 : programme des Rendez-vous d'Europe 2014

Interruption les 27 janvier, 3 et 10 mars 2014

Programme en PDF
  
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles

pas de réservation nécessaire

Horaires : 18 - 19 h 30

Lieu : Amphi 3

Faculté de droit et de sciences politiques, 9 rue Jean Macé 35042 Rennes

Entrée par l'avenue du doyen Roger Houin, 35042 Rennes

Accéder à la Faculté

Les conférences des lundi 3, 10, 24 février et le 17 mars sont ouvertes aux malentendants avec transcription sismultanée et mise à disposition de récepteurs individuels avec colliers magnétiques.
 

 

En savoir plus sur les conférenciers, les élections européennes, les organisateurs, les partenaires des Rendez-vous d'Europe


 

 

 

 

Cette conférence a été précédée de trois hommages au Professeur Jean Raux :

 

 

 

 

  • Hommage de M. Frédéric Lambert, Doyen de la Faculté de droit et de science politique de Rennes

      

  • Hommage de Mme Danielle Charles-Le Bihan, coordinatrice du Centre d'excellence Jean Monnet de Rennes



      
  • Hommage de Mme Marie-Paule Fournier, présidente de l'Association Europe Rennes 35

 

 

 

 

 

 

Ecouter la conférence


Philippe Herzog, ancien député européen et ancien professeur des Universités, est président-fondateur de l’association Confrontations Europe. Il est conseiller spécial du commissaire européen au Marché intérieur et aux Services depuis mars 2010.

Ancien élève de l’école Polytechnique et de l’ENSAE, agrégé en sciences économiques, ses activités professionnelles et politiques ont été multiples.

Il débute sa vie active comme administrateur à l’INSEE (1964). Comptable national et chargé des budgets économiques, il créée, avec son collègue Gaston Olive, le premier modèle français de prévision économique (Zogol). Son premier livre, "Prévisions économiques et comptabilité nationale" (PUF, 1968) retrace cette période de recherche et d’innovation dans le contexte de la planification française.

Il devient professeur d’Université en janvier 1969, et enseigne à Clermont-Ferrand, Vincennes et Amiens ; puis à Paris-X Nanterre de 1973 à 2003. De 1997 à 2008, il est membre du Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre.

Il adhère au PCF où il est élu au Comité central (1972) puis au Bureau politique (1979). Il dirige la section économique du PCF et la revue Economie et Politique. Marxiste et keynésien, il est un des auteurs du Programme Commun de la Gauche et milite pour la participation des salariés à la gestion. La section économique, notamment avec l’apport du théoricien Paul Boccara, analyse la crise du capitalisme monopoliste d’Etat et propose de nouveaux critères de gestion.

Membre de la Commission nationale de planification de 1982 à 1988 et du Conseil économique et social de 1984 à 1989, il publie notamment "L’économie à bras le corps" (1982, 1984) et "La France peut se ressaisir" en 1987 (Editions Sociales). Dans les entreprises et dans les régions, il intervient dans les processus de restructurations avec des propositions alternatives et préconise des réformes de structures.

Militant passionné de "l’Europe autrement", il est tête de liste du PCF aux élections européennes de 1989. Après un long combat, il quitte le parti en 1996.

Député européen de 1989 à 1999, puis de 2000 à 2004 (groupe de la Gauche Unitaire Européenne), il a été président de la commission des Relations économiques extérieures, vice-président de la commission économique et monétaire, et vice-président de la Délégation Europe/Etats-Unis.

Ses rapports les plus importants ont porté sur "la participation des citoyens et des acteurs sociaux au système institutionnel" qui a été voté à la grande majorité du Parlement Européen (1996), puis sur "les services d’intérêt général " (2003-2004), également adopté majoritairement après un combat riche d’enseignements et de prolongements. En 1998, le ministre des Affaires européennes lui a confié une mission sur la promotion du dialogue social européen.

Sa recherche sur la crise de la démocratie représentative et l’invention d’une démocratie participative se traduit par de nouvelles publications comme "Reconstruire un pouvoir politique - gouverner en partenaires" (La Découverte, 1997). Ses chroniques au Figaro-Economie (1999-2005) ont été très appréciées. Puis ce sont des livres renommés sur la construction européenne, notamment "L’Europe après l’Europe" (De Boeck, 2002), "Le bonheur du voyage" (Le Manuscrit, 2006), "Une tâche infinie - fragments d’un projet politique européen" (DDB/Le Rocher, 2010).

En décembre 1991, il est l’un des fondateurs de l’association Confrontations, visant la relance du débat public et en prend la présidence. Pluraliste et indépendante, elle travaille au diagnostic sur la mondialisation et les stratégies des réformes en France et en Europe. Devenue Confrontations Europe, l’association a un bureau à Bruxelles et des correspondants dans de nombreux pays. Elle est devenue une école et un foyer d’initiatives estimé et reconnu, très actif dans les institutions européennes. Interface entre la société civile, les entreprises et l’Europe, l’association contribue à former des acteurs européens et à forger une nouvelle perspective pour l’Union. Philippe Herzog est directeur de la publication "Confrontations Europe la Revue" qui est diffusée à 30 000 exemplaires.

Il a été membre de la commission Pébereau sur la dette publique, et du Conseil d’orientation stratégique de la RATP.

Il est membre du Conseil d’administration de l’Institut pour l’éducation financière du public, dont il a été le premier président, et membre du Club Vauban.

Philippe Herzog est décoré des Palmes académiques, de l’Ordre National du Mérite et de la Légion d’Honneur.

 

 

 

Résumé de l'intervention de M. Herzog :

L’Europe a toujours été un projet porté par une espérance de progrès. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. A la veille d’élections européennes d’importance majeure, l’euroscepticisme, le malaise et l’indifférence sont apparents. L’affaissement de l’Union européenne serait une catastrophe. Il y a besoin d’une vision et d’une stratégie pour que revivent l’espoir et l’engagement, en faisant appel aux ressources morales comme à l’intérêt. Former une nouvelle conscience européenne dans le contexte de la mondialisation, qui est une révolution à assimiler et gérer. Sortir de la crise ensemble, car aucune de nos nations ne s’en sortira si l’Europe n’est pas plus forte. Et renouveler notre démocratie, car l’Etat-nation est trop faible dans un monde pleinement ouvert où le partage et la mutualisation sont impératifs : tels sont les trois défis pour l’avenir de l’Europe.
 
Pour une conscience européenne renouvelée dans le nouveau monde.
Le contexte actuel peut être comparé à l’entre-deux-guerres, mais il est différent. Les nouveaux conservateurs attaquent l’Europe et l’ouverture au monde en prétendant défendre les valeurs traditionnelles et l’identité nationale. Les forces démocratiques et progressistes sont à la défensive et ont grand mal à porter une identité européenne. Pourtant de gros potentiels de renouveau existent. Nous pouvons promouvoir une éthique de la responsabilité d’autrui afin de construire de nouvelles solidarités pour endiguer les violences que suscitent aussi les mutations. La grandeur de la création d’une Communauté européenne a été de bâtir la paix en la fondant sur une réconciliation après-guerre. Nous devons aujourd’hui renouveler le défi à l’échelle mondiale et de toucher chacun dans sa responsabilité. Pour ce faire, ce serait folie de relativiser l’immense apport du travail pour la démocratie et les droits de l’homme. L’identité nationale et européenne ne sera pas un repli conservateur mais elle devra se renouveler si elle affronte le défi d’un cosmopolitisme normatif et actif (l’immigration et l’interculturalité étant des tests majeurs). 
 
Pour sortir de la crise ensemble.
Beaucoup de choses ont été accomplies en cinq ans, il est indispensable de les positiver, et il faut cesser de tout dénigrer. Mais nous sommes encore loin d’une sortie de crise et demain de plus grands changements seront nécessaires. Partager un diagnostic de la crise comme crise de structure est indispensable. En vérité le potentiel de croissance se réduit depuis longtemps dans la plupart des pays européens et pour l’Union dans son ensemble ; et aujourd’hui l’investissement ne repart pas alors que nous devons nous diriger vers un autre modèle de croissance, conçu dans une perspective de développement écologique et humain. Trois défis totalement imbriqués et innovants sont à relever en commun : l’emploi et la  mobilisation des capacités humaines, la réindustrialisation et la compétitivité, le financement des investissements, lequel implique une profonde transformation du système financier. Nous devons casser les tentations destructrices du nationalisme économique mais aussi lever des malentendus profonds. L’Europe n’est pas là pour nous protéger mais pour nous rendre meilleurs : dépasser des rivalités, partager des biens, mutualiser des ressources. Or la fragmentation de l’Union s’est encore accrue dans la crise et nous mine. Il faut donc s’appuyer sur la conscience des interdépendances et sur le soutien très majoritaire de nos sociétés à l’euro pour mutualiser nos efforts, bâtir un contrat social, et en ce sens nous proposons l’objectif d’un contrat de reconstruction. Le cadre de l’UEM (pour les 18 de l’€) sera consolidé – c’est en cours avec l’Union bancaire, pas encore avec le budget. Mais il faut aussi en même temps rénover le socle de marché et les institutions de l’UE28, pour avancer dans l’intégration avec des solidarités différenciées. Ce sera l’objet d’un nouveau compromis historique impliquant un pilotage et une gouvernance participative des institutions communautaires. Mais il faut aussi une réconciliation impérative de la société et de ses entreprises dans un pays comme la France, qui ne pourra pas se dérober à la réforme de l’Etat.
 
Pour un renouvellement de la démocratie par l’Europe.
Le défi démocratique européen appelle des réponses, et c’est urgent. Depuis les débuts, la méthode communautaire fonctionnaliste comporte un vice de construction que chacun déplore mais entretient. Mais il ne suffit pas de faire appel à l’esprit fédéraliste historique pour le dépasser : chacun a compris différemment l’appel à former des Etats-Unis d’Europe ! Il faut intégrer la diversité des choix nationaux. L’Union est divisée en deux cercles ; elle se consolidera en allant vers un « fédéralisme flexible » mais dans une unité renforcée grâce à des solidarités et des coopérations nouvelles. Elles seront ouvertes dans un troisième cercle, car les relations de « voisinage » ne fonctionnent pas, la perspective de nouveaux élargissements ne doit pas être écartée, et la mondialisation ne permet pas de rester dans le flou. Une unité renforcée reposera sur le contrat précité et supposera aussi un synchronisme entre les élections nationales et européennes, un mandat et une véritable stratégie commune. Tout ceci appelle évidemment une réforme des institutions. La désignation du président de la Commission peut être un enjeu important dans les élections de mai 2014, mais il faudra aller au-delà. Les enjeux d’un « gouvernement » effectif pour la zone € et au-delà, et de la composition et coopération des trois institutions politiques sont à l’ordre du jour. Il est plus que temps d’intéresser les citoyens nationaux à une vie démocratique interactive, encore faut-il qu’ils puissent effectivement participer. L’éducation, l’expression et l’information, l’accès à des biens communs et le dialogue interculturel doivent être européanisés et mondialisés, accessibles à tous, et c’est donc une responsabilité nationale que jusqu’ici l’Etat a négligée, quand il ne faisait pas écran ! Les acteurs de la société civile peuvent assumer des responsabilités nouvelles à cet égard, et l’association Confrontations Europe présente une contribution avec une méthode innovante. C’est une responsabilité de l’Etat et de l’Union que de créer les conditions d’une large participation.
 
L’avenir de l’Europe est  incertain. Un affaissement n’est pas exclu car des tendances lourdes y conduisent. Mais une bifurcation du temps et une renaissance sont à notre portée. Et cela se joue maintenant.
 
 

 

 

Sélection bibliographique :


•    Europe, réveille-toi !, oct. 2013, Ed. Le Manuscrit
•    Une tâche infinie – fragments d’un projet politique européen, 2010, DDB/éd. du Rocher
•    A la recherche de l’intérêt européen, livre collectif, 2008, éd. Le Manuscrit
•    L’Europe après l’Europe, Les voies d’une métamorphose, 2002, aux Editions de Boeck Université
•    Reconstruire un pouvoir politique, 1997, La Découverte/essais

 

Ecouter la conférence 

Yves DOUTRIAUX, Conseiller d’Etat et professeur associé à l’Université Paris I. 

Conseiller d’Etat  depuis 2007; professeur associé à l’Université Paris 1 Panthéon- Sorbonne( gestion publique, institutions européennes)  et maître de conférence à l’Université Paris Dauphine( géopolitique); membre du collège anti-discriminations du défenseur des droits ; secrétaire général pour la France du comité France -Québec sur la reconnaissance des qualifications professionnelles des professions réglementées ; président des chambres disciplinaires nationales des architectes et des infirmiers.

Avant 2007, Ministre plénipotentiaire, Ambassadeur de France auprès de l’organisation pour la sécurité et la coopération en Europe(OSCE)à Vienne(2003-2006) ;Représentant adjoint de la France auprès de l’ONU à New-York(1998-2002) ;Porte-parole adjoint du Ministre des affaires étrangères 1995-1998 ;Consul général de France à Toronto(1992-1995) ;Conseiller auprès de la représentation de la France auprès de l’Union européenne à Bruxelles (1988-1992) ;Conseiller technique au cabinet du ministre des affaires étrangères (1986-1988) ;Chef de bureau à la direction des affaires économiques du Ministère des affaires étrangères (1984-1986) ;Premier secrétaire à l’ambassade de France à Tunis (1981-1984) ;

Elève à l’ENA 1977-1979 ; Diplôme de l’Institut d’études politiques de Paris 1975-1977 ;Diplôme d’études appliquées Paris 1 conjoncture et politiques économiques( 1977-1978) ;Licence de sciences économiques Lille 1 puis Paris 2 1971-1975.


Ouvrages
-« la politique régionale de la CEE » coll que sais-je ? PUF 1990,
-« Le traité sur l’union européenne » Dalloz 1992 ;
-« les institutions européennes »documentation française coll « réflexe Europe » 9 éditions entre 1994 et 2013  avec C.Lequesne;
-« la diplomatie :les dessous des relations entre les Etats» éditions autrement 2008 (version en langue anglaise ) ;
-« euro-gouvernance et euro-management »avec J-J Pluchart éditions ESKA 2010
Articles récents
« Vers la fin de la saga de la querelle institutionnelle au sein de l’Union » in mélanges Manin 2010 éditions A.Pedone
« L’Union Européenne et la Turquie d’ici 2020 :convergences ou divergences ? » revue de l’Union Européenne n°542 octobre- novembre 2010
« Le droit du sport et le Conseil d’Etat » actes d’un séminaire organisé par l’IEP d’Aix-en-Provence publié chez Hermès Sciences 2011
Rapport de l’observation du scrutin constituant tunisien du 23 octobre 2011 Organisation internationale de la Francophonie
« L’Union Européenne et la zone OSCE » revue de l’Union Européenne  juin 2012
« Les institutions européennes à l’épreuve de la crise de la zone euro » in « grandeur et misère de la finance moderne » Eyrolles  , ouvrage collectif publié en  2013  par le cercle Turgot à l’occasion de ses 25 ans.
« Quelles sont les interactions entre l’entente France- Québec sur la reconnaissance des qualifications professionnelles afin de permettre l’autorisation d’exercice des professions réglementées et le projet d’accord économique et commercial  global entre l’Union européenne et le Canada » en cours de publication revue de l’Union européenne

 

Résumé de la conférence de M.Doutriaux

Comme tous les cinq ans depuis la première élection du Parlement au suffrage universel en 1979, les électeurs des Etats membres de l’Union sont invités en mai 2014 à désigner leurs représentants à Strasbourg. C’est un enjeu  d’importance croissante pour les institutions européennes  puisque  le Parlement peut être regardé comme le principal « gagnant » des révisions institutionnelles des traités depuis l’acte unique de 1986 jusqu’au traité de Lisbonne entré en vigueur en  décembre 2009 soit après la désignation de l’actuelle législature issue des élections de juin 2009.En effet il   n’a cessé de gagner des compétences supplémentaires :

- des compétences législatives dans le cadre des compétences  dites d’attribution de l’UE  prévues limitativement par les traités,et non pas des compétences «  intergouvernementales » réservées à la coopération entre les Etats membres, j’y reviendrai.

- la compétence dans la désignation de la Commission européenne ainsi que les compétences  en matière de contrôle  de la Commission,

-la compétence budgétaire.

Pourtant le taux de participation  des électeurs  beaucoup plus faible généralement  que le taux de participation  aux élections nationales  ne cesse de décliner depuis 1979.En outre le scrutin offre aujourd’hui  une tribune aux partis euro- sceptiques et anti-mondialistes  généralement défavorables aux politiques communes de l’Union en tant qu’elles sont regardées comme  contraires aux intérêts nationaux ou aux intérêts des travailleurs et qu’elles réduisent la marge d’autonomie des Etats tandis que les  candidats des partis de Gouvernement  de droite, du centre ou de  gauche tendent à porter le débat sur les questions  politiques  nationales plus que sur les enjeux  européens. En l’absence à ce stade d’un  véritable « espace public  européen » et de  partis  européens solidement constitués, intéresser les citoyens à l’enjeu des élections européennes parait une tache  difficile. Il reste que, pour la première fois en 2014, il sera tenté « d’européaniser les élections européennes ». On verra comment. Toute la question est de savoir si pour autant les électeurs seront plus nombreux au rendez-vous !

 

 

 

 

 

 

 

 Alain Barrau, Directeur du Bureau d'information du Parlement européen en France

 

 

 

 

 

 

En raison d'un incident technique, l'enregistrement de cette conférence n'est pas disponible.    

 

 

 

Conférence co-organisée par le Club EntretiENS et le Centre d’excellence Jean Monnet de Rennes

 

Ecouter la conférence

Directrice du master 2 « Relations économiques euro-asiatiques » de l’Université Rennes 2 délocalisé au Viêt-Nam
Représentante de l’Université Rennes 2 (pôle sciences économiques et de gestion) au sein du consortium Asie-Pacifique de l’Agence Universitaire de la Francophonie

 

 

Présentation par Simon Holley, membre du Club EntretiENS et élève de l'ENS Rennes

 

 

 

 

 

 

 

 

 Résumé de l'intervention de Pascale Turquet :

Retrouvez le power point utilisé par Pascale Turquet

Si la notion de « modèle social européen » (MSE) est régulièrement évoquée et débattue, parfois même pour en annoncer la disparition (cf Mario Draghi au Wall Street Journal en 2012), sa définition ne fait pas pour autant l’objet d’un consensus. Son existence se voit entérinée par le sommet de Nice qui, en décembre 2000, adopte l’« agenda social européen ». Sont présentés comme constitutifs de ce MSE les systèmes de protection sociale, le dialogue social et les services d’intérêt général dans les conclusions de la présidence de ce même Conseil européen : « le modèle social européen, caractérisé en particulier par des systèmes de protection sociale de haut niveau, par l’importance du dialogue social et par des services d’intérêt général, dont le champ couvre des activités essentielles à la cohésion sociale, repose aujourd’hui, par delà la diversité des systèmes sociaux des États membres, sur un socle commun de valeurs. ». Dans son article 3, le Traité sur l’Union européenne (TUE) précise pour sa part que : « L’Union combat l'exclusion sociale et les discriminations, et promeut la justice et la protection sociales, l'égalité entre les femmes et les hommes, la solidarité entre les générations et la protection des droits de l'enfant ». Il s’agit bien d’un ensemble de principes et de valeurs ancrés dans des institutions et portés par des systèmes dont la nature et le mode fonctionnement sont susceptibles de varier selon les États. Le traité de Lisbonne a renforcé les objectifs sociaux de l’Union européenne (UE). Il a intégré la Charte des droits fondamentaux, qui se voit dorénavant conférer la même valeur juridique que les traités. La mise en œuvre de ces droits sociaux ne conduit cependant pas à un élargissement des compétences communautaires. Les questions sociales relèvent principalement des EM en vertu de l’application du principe de subsidiarité. Dans le domaine qui nous intéresse ici tout particulièrement, à savoir la protection sociale, le législateur européen n’a pas compétence pour harmoniser les dispositions législatives et réglementaires des États membres. Le Parlement européen et le Conseil : « peuvent adopter des mesures destinées à encourager la coopération entre États membres par le biais d'initiatives visant à améliorer les connaissances, à développer les échanges d'informations et de meilleures pratiques, à promouvoir des approches novatrices et à évaluer les expériences, à l'exclusion de toute harmonisation des dispositions législatives et réglementaires des États membres » (art. 153 TFUE). La liberté de circulation des travailleurs et, plus généralement, la mobilité des facteurs de production, peut cependant conduire à une mise en concurrence des modèles sociaux nationaux tandis que la valeur juridique équivalente conférée aux droits sociaux et libertés économiques signifie qu’en pratique un équilibre doit être trouvé entre ces deux dimensions et se révèle source de tensions. Cette conférence portera sur la place consacrée à la protection sociale dans le cadre de la construction européenne. Elle s’articulera en trois temps :

1. La protection sociale en Europe du traité de Rome à l’avènement de la monnaie unique

2. Les conséquences de la mise en œuvre de la « nouvelle gouvernance économique » européenne sur les systèmes sociaux (six-Pack, Traité sur la stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG), two-Pack),

3. Les retombées actuelles de la crise et de l’austérité budgétaire en matière de dépenses sociales.

 

 

 

 

 

 
Frédéric DESSBERG est maître de Conférences en Histoire contemporaine  de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, détaché aux écoles de Saint-Cyr Coëtquidan où il enseigne l’histoire des relations internationales et travaille au Centre de recherche des écoles, le CREC. Il est également titulaire de la chaire européenne Jean Monnet « Défense et sécurité européennes ». Ses travaux portent principalement sur la politique de la France en Europe orientale entre les deux guerres mondiales. Il a notamment publié sa thèse : Le Triangle impossible. Les relations franco-soviétiques et le facteur polonais dans les questions de sécurité en Europe, 1924-1935, Bruxelles, PIE-Peter Lang, 2009 ; également des actes de colloque en co-direction : Les Horizons lointains de la politique extérieure française, Bruxelles, PIE-Peter Lang, 2011. Les Européens et la guerre, Paris, Publications de la Sorbonne, 2013.

 

 

Résumé de la conférence :

La Révolution orange de 2004, puis la situation présente, consécutive à l’échec de l’accord d’association prévu avec l’Union européenne, ont remis en évidence le clivage existant en Ukraine entre une partie occidentale du territoire « pro-européenne » et une partie sud-orientale « proche de la Russie ». Cette polarité trouve ses racines dans des facteurs identitaires multiples (linguistiques, ethniques, religieux, historiques) qui s’expriment aujourd’hui dans les orientations politiques des citoyens ukrainiens. Elle pose la question de la place de l’Ukraine en Europe, celles de sa relation avec l’Union européenne et du poids de la Russie. Cette conférence se propose de revenir sur les éléments réels de division existant entre les Ukrainiens pour aborder ensuite le thème du triangle Kiev-Bruxelles-Moscou. Il s’agira d’ouvrir des pistes pour tenter de répondre aux interrogations suivantes : quel modèle d’intégration démocratique pour l’Ukraine ? Quel rôle peut jouer l’UE dans le cadre du Partenariat oriental ? Quels sont les objectifs de l’OTAN et dans quelle mesure rejoignent-ils ceux de l’UE ?

 

Organisé par le Centre franco-allemand de Rennes, avec le soutien du Centre d’excellence Jean Monnet de Rennes

 

  

Hans STARK, Professeur de civilisation allemande contemporaine à l'Université Paris-Sorbonne, Secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes et chercheur à l'Institut français des relations internationales (Ifri).

Hans Stark est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (section Relations Internationales,1987), titulaire d'un DEA d'études soviétiques et est-européennes à l'Institut d'études politiques de Paris (1990) et docteur en science politique de l'Université Paris I-Sorbonne (2001). En 2011, il a obtenu l'habilitation à diriger des recherches de l'Université Lille 3 - Charles de Gaulle (études germaniques).

 



 

 



 

 

Nicolas-Jean BRÉHON, Enseignant à l’Institut des Hautes études de droit rural et d'économie agricole (IHEDREA), Conseiller hors classe, Commission des Affaires européennes, Sénat
Marjorie JOUEN, Chef de cabinet adjointe de la Présidente du Comité des Régions (Bruxelles), conseillère à Notre Europe pour les questions relatives à la politique de cohésion

  
Nicolas-Jean Brehon est conseiller à la Commission des affaires européennes du Sénat, en charge des questions agricoles et de la politique agricole commune en particulier.

Il a commencé sa carrière professionnelle à la Commission des finances du Sénat, travaillant sur les questions budgétaires européennes, jusqu’à devenir un des spécialistes reconnus du sujet, et fut nommé, à ce titre, expert auprès des parlementaires missionnés par le premier ministre lors de la préparation des perspectives financières 2007-2013. Au cours de sa période de mobilité, il fut conseiller spécial du président de l’Institut du Monde Arabe. 

Il a mené, en parallèle, une carrière universitaire et journalistique. Il a publié le premier manuel de finances publiques dédié au budget communautaire et a été à l’origine du premier cours universitaire sur ce sujet. Il continue d’enseigner cette matière en Master de finances publiques à l’université Paris I Panthéon –Sorbonne. Il assure régulièrement d’autres formations et conférences (ENA, IHEDREA..). 

Nicolas–Jean Brehon a été chroniqueur au Monde de l’économie pendant onze ans (1999/ 2010) et est aujourd’hui chroniqueur à la France agricole. En marge de ces contributions régulières, il continue à publier des tribunes occasionnelles (Le Monde, les échos, Slate...).

Nicolas-Jean Brehon est conseiller budgétaire et agricole auprès de la fondation Robert Schuman. Il a publié plusieurs études parmi lesquelles « la PAC à l’heure des choix » et « Budget européen, quelle négociation pour le prochain cadre financier européen ? » (2010).

résumé de l'intervention de M. Bréhon :
A-t-on jamais parlé de politique agricole commune (PAC) sans y associer le mot réforme ? Les grandes réformes historiques sont passées, celle de 1992, la plus fondamentale,  limitant les mécanismes de gestion des marchés, et celle de 2003, généralisant les aides directes aux revenus. La réforme de 2013 est plutôt une réforme en mode mineur, sans bouleversement. Le budget de la PAC, négocié en parallèle par les Etats membres, ne diminue que légèrement. La PAC  reste centrée sur les aides aux revenus et l’architecture générale en deux piliers est conservée (premier pilier : gestion des marchés et aides aux revenus, deuxième pilier : développement rural).

Mais la réforme apporte pourtant quelques innovations importantes.

  • l’abandon des « références historiques », encore souvent utilisées dans le calcul des paiements directs ;
  • l’objectif d’une convergence progressive des aides, tant interne, entre filières, qu’externe, entre Etats membres. Il y a donc une redistribution lente mais sensible du montant des aides à l’hectare ; 
  • le verdissement d’un part importante (30%) des paiements directs. Le verdissement constitue une conception nouvelle dans la prise en compte des données environnementales par la PAC ;

Sur le plan politique, l’accord entre Etats a aussi été rendu possible grâce à une grande souplesse qui leur est laissée, avec une large panoplie de soutiens optionnels et une flexibilité entre les deux piliers. La réforme a aussi révélé l’importance du Parlement européen (PE) dans la prise de décision. Depuis 2009, le Conseil (les ministres des Etats membres) partage le pouvoir législatif avec le PE. La réforme de la PAC a été l’une des premières réformes d’envergure. Le PE s’est montré un colégislateur très pugnace.

 

 
Marjorie JOUEN est  diplômée en sciences politiques (1979) et ancienne élève de l'EN

Parmi les divers postes qu'elle a occupée en tant que haut-fonctionnaire du ministère des finances français et dans les institutions européennes: membre du Cabinet du Président du Comité des Régions de l'Union européenne (Mercedes Bresso  2010-2012 et Michel Delebarre 2006-2008); membre de la Cellule de prospective de la Commission européenne (1993-1998), chargée des questions territoriales et sociales ; Chef du département « Affaires européennes » à la DATAR (1998-1999) et Chef du Bureau « Union européenne et élargissement» à la DG Trésor au ministère de l'économie (2002-2005).

Elle a écrit de nombreux articles, des rapports et plusieurs livres, dont La politique européenne de cohésion, (188 pages, La documentation française, Paris 2011), Diversité européenne, mode d’emploi, (223 pages, Editions Descartes et Cie, Paris 2000), L’avenir du travail, un débat européen, M. Jouen et B. Caremier (coordination, Les Cahiers de la Cellule de prospective – Editions Apogée, Rennes 1999). 


Résumé de l'intervention de Mme Jouen :

Power point

 

 

La nouvelle programmation des fonds européens 2014-2020 est caractérisée par son alignement sur les priorités de la stratégie Europe 2020 (croissance intelligente, durable et inclusive) et une nouvelle approche stratégique territoriale. Pour la France, elle coincide avec un besoin de restauration de la compétitivité économique et de la cohésion sociale, d'engagement dans la transition écologique et énergétique, joint à un souci accru de traitement égal des territoires et de décentralisation. Par ailleurs, le contexte de crise a pesé lourdement dans les négociations; il est  intéressant de vérifier quelles traces on en retrouve dans les nouveaux programmes qui démarrent.


 

 

Thierry BURLOT, vice-président chargé de l'aménagement du territoire et de l'environnement, en charge de la politique territoriale et de la contractualisation, Conseil Régional de Bretagne

 
Membre du groupe Socialiste et apparentés
Membre de la Commission environnement
Elu sur la liste la Bretagne solidaire, créative et responsable