• Publié par : Hélène Rannou-Boucher
  • Imprimer cette page

Du 16 janvier au 03 avril 2017 : Rendez-vous d'Europe "Quel projet européen à l'heure du Brexit ?"

A quelques jours des célébrations du soixantième anniversaire de la signature du Traité de Rome instaurant la Communauté économique européenne (le 25 mars 2017), le Royaume-Uni déclenchera vraisemblablement la procédure lui permettant de sortir de l’Union européenne. Ainsi en ont décidé près de 52% des votants lors du référendum britannique qui s’est tenu le 23 juin 2016. Incontestablement, l’enjeu s’étend bien au-delà de l’avenir des relations entre ce pays et l’Union Européenne. C’est l’ensemble du projet européen qui est touché et remis au coeur des débats. Ce vote marque indubitablement une rupture. Pourrait-il constituer une nouvelle opportunité pour l’avenir du projet européen ?

Le Groupement d’intérêt scientifique (GIS)-Centre d’excellence Jean Monnet de Rennes et l’Association Europe Rennes 35 proposent 9 conférences afin d’analyser les processus qui sont à l’oeuvre et d’en débattre.
 
Programme des Rendez-vous d'Europe 2017

 

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles pas de réservation nécessaire

Horaires : 18 - 19 h 30

Lieu : Amphi Pierre-Henri Teitgen Faculté de droit et de sciences politiques, 9 rue Jean Macé 35042 Rennes (Entrée par l'avenue du doyen Roger Houin, 35042 Rennes)

par Christian Lequesne, Professeur, Institut d’Études Politiques de Paris (Sciences Po. Paris). Centre de recherches internationales (CERI), Chief Editor of European Review of International Studies (ERIS): www.budrich-journals.de/index.php/eris/issue/current

Cette conférence, ouverte aux personnes sourdes et malentendantes, a fait l’objet d’une retranscription écrite simultanée et d’une interprétation en langue des signes française.

En librairie depuis le 12 janvier 2017 : Ethnographie du Quai d'Orsay. Les pratiques des diplomates français, Paris, CNRS Editions.http://www.cnrseditions.fr/histoire/7399-ethnographie-du-quai-d-orsay.html

  

Entretien de Christian Lequesne avec « L’Essentiel des relations internationales » 23 juin 2016 :

« Monsieur Lequesne, comment interpréter le résultat du référendum ? Faut-il y voir l’échec global de l’Europe à prendre en compte les aspirations des peuples, ou le rejet de l’Europe politique ? ». (extrait).

Christian Lequesne : « Je pense qu’il existe deux interprétations possibles. La première consiste à insister sur la spécificité britannique, ou peut-être même anglaise. Depuis que la Grande-Bretagne est membre de l’Union européenne, elle n’a jamais pleinement adhéré au projet politique. Elle a toujours cherché à négocier des exceptions, tant sur la monnaie unique que sur l’espace Schengen. Ce Brexit serait donc une conséquence logique de n’avoir jamais vraiment épousé le projet politique de l’Europe. La deuxième explication, qui me paraît plus crédible, est de dire qu’il existe une crise générale sur le rapport entre les peuples et le projet de l’intégration européenne. La Grande-Bretagne, d’une façon extrême, ne fait qu’éclairer ce rapport difficile qui existe dans l’ensemble des 28 États membres. Cette thèse n’exclut pas la contagion, c’est-à-dire la possibilité pour d’autres États d’en arriver à cette solution ultime qu’est la sortie de l’UE ».

 

Video de la conférence

 

 

La problématique juridique du BREXIT : le point de vue d’un « barrister » anglais

par Barbara ZEITLER, avocate civile au Barreau de Londres (Royaume Uni) et membre de l’European Bar Association et de la Franco-British Lawyers’ Society.

Résumé de la conférence :

Le résultat du référendum sur le maintien du Royaume uni au sein de l’Union européenne a révélé un pays fracturé et a déclenché des dynamiques politiques et économiques pas encore connues. Il a aussi produit une incertitude constitutionnelle quant à la compétence du pouvoir exécutif pour déclencher la procédure de sortie de l’Union européenne. Cette conférence aborde les récents arrêts de la High Court à Belfast et à Londres et la procédure ultérieure devant la Cour Suprême, ainsi que la couverture médiatique de cette procédure juridique. La situation en Ecosse et en Irlande du Nord sera bien également traitée.

 

Video de la conférence

 

par Rémi BOURGEOT, Chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

Rémi Bourgeot est économiste et chercheur associé à l’IRIS. Il a poursuivi une double carrière de stratégiste de marché dans le secteur financier et d’expert économique sur la zone euro et les marchés émergents pour divers think tanks. Parallèlement à ses travaux, il enseigne l’économie de l’Union européenne dans le cadre de l’IRIS-Sup. Il est diplômé de l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace (SupAéro) et de l’Ecole d’économie de Toulouse.

Résumé de la conférence :

Le vote du Brexit a amplifié des craintes plus générales sur l’avenir économique de l’Europe. L’amorce de négociations entre les Britanniques et les gouvernements européens est rendue particulièrement complexe par un ensemble de déséquilibres qui affectent à la fois le Royaume-Uni et l’UE. Alors que le gouvernement conservateur de Theresa May tente, dans un contexte de fort déficit commercial, de concevoir une politique industrielle qui permette de rééquilibrer le modèle économique britannique et de renouer le lien avec les classes populaires, sa tentative de réorientation est menacée par la question du maintien des liens commerciaux avec le continent. La Première ministre a annoncé vouloir sortir son pays du marché unique et négocier un simple accord de libre-échange avec l’UE, de façon à jouir d’une plus grande marge de manoeuvre sur le plan de l’immigration. Elle souhaite, par ailleurs, développer des accords de libre-échange avec le reste du monde, et notamment avec les Etats-Unis de Donald Trump. Cette double volonté, affirmée avec fermeté, a permis une certaine clarification. D’importantes zones d’ombre persistent toutefois, en ce qui concerne la nature même de l’accord commercial entre le Royaume-Uni et l’UE et donc, notamment, le statut de la City vis-à-vis du secteur financier européen. La question de la croissance au Royaume-Uni est donc liée à la capacité du pays à sécuriser un certain nombre d’intérêts en Europe et, simultanément, à mettre en oeuvre une véritable réorientation de son modèle économique.

Video de la conférence

par François MARC, Sénateur du Finistère,Professeur des Université (économie),Secrétaire de la commission des finances, Membre de la commission des affaires européennes

Présentation de l’intervention :

Les moyens budgétaires de l’Union Européenne suscitent depuis des années des interrogations majeures : ces moyens apparaissent très modestes au regard des missions que les uns et les autres voudraient voir assumer par l’UE ; les ressources financières sont prélevées directement sur les États pour une part jugée trop importante ; de nombreux rabais sont consentis aux États de façon contestable ; etc. C’est pour tenter de mettre sur pied un dispositif budgétaire rénové et mieux équilibré que le groupe « Monti » vient de soumettre des propositions innovantes autour desquelles un débat doit à présent être engagé en 2017/2018. Il parait dès lors pertinent de chercher à cerner les tenants et aboutissants de cette problématique budgétaire européenne. Le sujet se trouve d’ailleurs quelque peu complexifié du fait de la perspective du Brexit puisque le départ du Royaume-Uni conduirait à l’effacement de la contribution britannique (10 milliards de recettes en moins) et à la nécessité d’opérer dès que possible les arbitrages indispensables quant aux volumes de recettes et donc de dépenses des programmations financières à venir. Les enjeux ne sont pas minces et là aussi, il importante de bien associer l’opinion publique au nécessaire débat préalable aux prises de décisions des Autorités Européennes.

 Cette conférence n'a pas été enregistrée.

 

Texte de la conférence

 

par Yves PASCOUAU, Directeur des Politiques de Migration et de Mobilité. Responsable du programme européen des migrations et de la diversité au European Policy Centre (Think tank).

 

« Construire les bases d'un consensus politique et social sur les questions migratoires » (23 Novembre 2016 Policy paper par Yves Pascouau) Vission Europe Summit - Notre Europe – Institut Jacques DELORS.
 
« Au cours de la dernière décennie, et plus particulièrement des derniers mois, l’Union européenne a dû faire face à une augmentation des conflits relatifs aux questions migratoires. Ces conflits ont atteint un tel degré que le retour à l’équilibre, dans un tel contexte, sera une tâche difficile pour tous les acteurs, à toutes les étapes. Toutefois, si les dirigeants européens sont incapables de prendre les décisions politiques et d’engager les actions appropriées, le processus d’intégration de l’UE sera tout simplement en danger.
 
Dans sa première partie, ce Policy paper d'Yves Pascouau, chercheur senior associé à l'Institut Jacques Delors et directeur à l'European Policy Centre, cherche à faire le point sur les oppositions actuellement à l’œuvre au sein de l’UE. Alors que les tensions au niveau politique mettent en évidence l’existence de conflits entre les États membres de l’UE, un autre conflit – plus inquiétant – s’installe : il s’agit de la distance, voire de la méfiance croissante entre les citoyens et le projet européen. Dans ce contexte, il convient également de s’interroger sur le rôle des médias. Partant de ce constat, la deuxième partie du Policy paper affirme qu'il est encore possible de parvenir à un consensus et de revenir à une UE source de prospérité, et non nid à problèmes. Cependant, ce Policy paper estime qu’une approche dite « top-down » du Conseil européen ne suffit pas et ne fonctionnera pas. Il est indispensable de relancer une approche pédagogique, de manière à ce que les citoyens puissent à nouveau comprendre et avoir confiance dans les actions et projets de l’UE. Ceci implique deux types d’actions : • À court terme, tous les acteurs à l’échelle européenne et nationale doivent tenir leurs promesses pour montrer que les décisions prises sont mises en œuvre et produisent des effets. • À moyen terme, ces mêmes acteurs doivent initier un processus stratégique pour, à long terme, comprendre, préparer et adopter des réponses appropriées au phénomène migratoire ».
En quoi le BREXIT peut-il influer sur ces stratégies ?
 
Video de la conférence

par Daniel KEOHANE, chercheur au Centre for Security Studies de l'ETH Zürich (Suisse)
(remplace Linda Russo initialement prévue dans le programme)

Pratique :

par Stéphane DAHMANI,
Directeur Economie et contrat de filière Pôle Economie de l’Association Nationale des Industries Alimentaires.

Diplômé d’un master d’économie Appliqué de Paris Ouest Nanterre La Défense en 2009, il a travaillé durant un an au service de la recherche quantitative au sein d’une société de courtage. Avant d’être recruté à la Direction Générale du Trésor Français où il a travaillé comme économiste pendant 5 ans. Il a tout d’abord eu en charge, pendant 4 ans, la réalisation de prévisions macroéconomiques (Inflation, Consommation des ménages et Croissance) au sein du service des Politiques macroéconomiques et des affaires européennes de Bercy. Puis il a été responsable du suivi économique et financier des entreprises françaises et rapporteur au sein de l’Observatoire du financement des entreprises, auprès de la Médiation du crédit, avant de rejoindre l’ANIA.

Pratique : 

Résumé de la conférence :

Le référendum du 23 juin 2016 ayant opté en faveur du « Leave », le Royaume-Uni va quitter l’Union Européenne et entrer dans une période d’incertitude inédite sur le plan institutionnel, économique, social et financier. Malgré les réticences de certains Parlements locaux, le nouveau Gouvernement britannique a pu engager officiellement ce processus puisque le vote du Parlement a ratifié majoritairement en février le résultat du référendum populaire qui n’était que consultatif. Le Royaume-Uni devrait donc actionner l’Article 50 du traité européen avant la fin du mois de mars en demandant le retrait du Royaume-Uni de l’Union Européenne dont il était membre depuis 1973. Un calendrier complexe s’ouvre, paradoxalement concomitant de la célébration du 60ème anniversaire du Traité de Rome.

 

Le secteur agroalimentaire est particulièrement exposé au Brexit. En effet, les exportations françaises au Royaume-Uni représentaient 4,5 Mds€ en 2015, soit 14% des exportations françaises. De fait, le repli des exportations lié à la baisse de la livre sterling et au possible rétablissement de droits de douane et des barrières non-tarifaires (qui peuvent être élevés s’agissant de biens alimentaires), toucherait principalement la boisson (notamment le vin) et les produits laitiers, qui représentent respectivement 5,7% et 2% des exportations françaises au Royaume-Uni. Ce risque devrait toutefois être pondéré par les systèmes de couverture de taux de change. A titre d’illustration, Danone, qui réalise environ 6% de ses ventes mondiales en Grande-Bretagne, a ainsi annoncé qu’il continuerait d'atténuer les risques à travers la couverture classique de taux de change et qu’il entendait poursuivre le développement de son activité et de ses filiales au Royaume-Uni.

 

L’ANIA rassemble 18 fédérations nationales sectorielles et 23 associations régionales. Cette association constitue l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics, des administrations et des médias sur les sujets liés à l’alimentation.

 

par Philippe HERZOG, Président fondateur de Confrontations Europe (Think Tank), ancien Député européen, ancien Professeur des Universités.

Voir la video

Résumé de la conférence :

L’Europe est un choix, une promesse et un projet. On ne naît pas européen, on le devient. L’Europe est une affaire de génération. Choisir l’Europe est une question de conscience. L’histoire passée est beaucoup trop méconnue. La création de la communauté après-guerre a été un sursaut de civilisation. Il a reposé sur une promesse de paix et de prospérité dont les résultats doivent être évalués soixante ans après et qui selon moi sont considérables. Mais face à des mutations extraordinaires cette promesse doit être renouvelée. L’ordre mondial actuel est lourd de conflits mais aussi d’opportunités à condition qu’on apprenne à vivre ensemble et que l’Europe repense ses alliances. La prospérité paraît menacée et la peur de la désintégration de notre modèle social est grande et nourrit les replis nationaux. Les États n’ont pas voulu développer une Europe sociale mais néanmoins l’Union ne l’a pas négligée. Mais l’on ne peut pas garantir un niveau de prospérité élevé sans consolider notre économie. Le travail est créateur de richesses mais la cité de la consommation a pris le pas sur la cité du travail. Et les inégalités qui se creusent ne peuvent être combattues sans l’invention de solidarités nouvelles, ce qui implique une transformation du capitalisme mondialisé. Restaurer les biens publics et réapprendre à investir nécessite de rendre les choix nationaux beaucoup plus coopératifs. Actuellement le rapport des citoyens à l’Union se dégrade, mais ceci traduit souvent un état de crise nationale et non pas simplement un retrait de l’Union. A cet égard les positions des différents peuples sont foncièrement ambivalentes. Les dirigeants politiques cherchent à retrouver l’intérêt et l’adhésion des citoyens et l’Union fait des propositions pour un renouvellement du modèle conçu dans l’après-guerre. Mais il semble bien que nous devons envisager une refondation beaucoup plus profonde sur la base de la participation des citoyens à nos choix collectifs. Qu’il s’agisse de sécurité, d’environnement, d’industrie ou d’éducation nous allons devoir bâtir des solidarités autour de valeurs et d’objectifs communs. Dans cette perspective, ouvrir la conscience des citoyens nationaux et faire richesse de la diversité pour mieux bâtir l’unité est nécessaire. Manifestement, nous allons devoir imaginer une Union politique différenciée, dépasser la méthode Monnet et doter l’Union de certains attributs de puissance publique. La question d’une démocratie transnationale se pose pour y parvenir avec inévitablement des interrogations sur la légitimité et l’efficacité. Régénérer le triangle institutionnel, l’intérêt des élections européennes, et permettre la participation des gens à l’Europe dans leur vie quotidienne m’apparaissent comme des nécessités. Je développerai ces réflexions dans l’esprit d’un dialogue intergénérationnel, ce qui me conduira à demander aux jeunes : faut-il quitter l’Union ou la rénover ? Une prise de conscience de notre européanité n’est-elle pas nécessaire et ne doit-elle pas conduire à de nouveaux engagements ? A vous de le dire.

 

par Pascal GAREL, Directeur général de HOPE, Fédération européenne des hôpitaux.

Pascal Garel est le Directeur général de HOPE (Fédération européenne des hôpitaux et des soins de santé) après en avoir été le Secrétaire général depuis septembre 2004. Après des études de sciences politiques (I.E.P. Paris) et de droit européen (Université de Rennes 1) et fort d'un diplôme de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique (Rennes), il devient directeur d’hôpital en 1989. Sa carrière professionnelle s'articule principalement autour de la gestion hospitalière, avec une expérience de douze ans dans deux centres hospitaliers universitaires. Il a également été directeur du pôle Europe et International de la Fédération Hospitalière de France et en charge de la région 'Europe centrale et orientale' à la Direction des affaires internationales du Ministère des affaires sociales. Il enseigne notamment à l’Université Paris Dauphine et à l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique.


Qu’est-ce que HOPE ?


Créée en 1966, la Fédération européenne des hôpitaux et des soins de santé (HOPE) regroupe des fédérations nationales d'hôpitaux publics et/ou privés ou, lorsqu'elles n'existent pas, des fédérations nationales de collectivités territoriales propriétaires des hôpitaux, ainsi que de représentants de systèmes nationaux de santé. L'ensemble des pays de l'Union européenne, ainsi que la Suisse et la République de Serbie, y sont représentés.
HOPE a pour principaux objectifs de promouvoir l'amélioration de la santé des citoyens européens et d’accroître l’efficience des services hospitaliers et de santé.
Centre d’information et d’échanges, HOPE a développé de nombreuses activités autour de ces deux objectifs : participation à des projets de recherche et de développement, mise en œuvre de programmes de formation et d’échange, de groupes de travail techniques, édition de publications et organisation de congrès.
L’influence grandissante de la construction européenne sur les hôpitaux et les services de santé nécessite une présence croissante pour identifier les enjeux, préparer des positions communes et en assurer ensuite la promotion. HOPE a donc également développé une activité de veille et d’influence auprès des instances européennes.


Résumé de la conférence :
Le Brexit permet de rouvrir l’ensemble des dossiers européens, et donc la construction d’une politique de santé européenne. Mais s’agit-il réellement d’une politique ?

L’analyse des fondements des actions entreprises par les institutions européenne dans le domaine de la santé et des services de santé, les dates clés et les perspectives permettra sinon de répondre à la question tout au moins de poser les nombreux débats présents et à venir.

Voir la video

Voir le power point de P. Garel